Création de Réseaux citoyens - Par les citoyens et pour les citoyens.

Pourquoi tout ça?

« Nous pourrions donner plusieurs réponses à cette question, mais en bref nous dirons d’abord qu’une communauté bien organisée demeure selon nous la meilleure assise, la meilleure police d'assurance contre les problèmes inhérents aux périodes transitoires comme la nôtre, le meilleur remède contre la morosité qui pourrait alors devenir contagieuse, ou tout autre infortune collective difficilement surmontable lorsque l'on est isolé et seul. »

Vous venez de lire le premier paragraphe de « Pourquoi tout ça? », ce texte écrit bien avant l’annonce de la pandémie actuelle, comme si nous avions senti à l’avance la catastrophe venir sur nous et ce, devant le fait tout aussi surprenant que nous nous apprêtions tout juste à faire le lancement officiel du Réseau Humanité.

Nous pensions alors, au moment d’écrire ces lignes, avoir au moins une dizaine d’années devant nous pour se préparer au grand choc écolo-économique auquel il nous faudra inévitablement faire face un jour ou l’autre.

Aujourd’hui, non seulement nous faut-il lutter dans le confinement contre la propagation rapide et généralisée d’un virus dévastateur, mais il nous faudra, dans les mois qui suivront, faire face à des problèmes socioéconomiques d’une complexité et d’une difficulté déconcertantes.

Sans entrer dans les détails, il est fort probable que notre régime économique soit en fin de cycle, et que nous assistions à l’effondrement du capitalisme comme le disait dans un article récent Alain Denault, philosophe auteur de plusieurs ouvrages sur les paradis fiscaux. Le château de carte de l’économie mondiale est-il en train de s’écrouler? Si tel est le cas, sur quelles bases pourrons-nous rebâtir? Allons-nous refaire les mêmes erreurs? Beaucoup de questions sont à venir, évidemment…

Chose certaine, nos administrateurs ne pourront tout faire seuls. Les citoyennes et les citoyens seront appelés non seulement à participer, mais à inventer même parfois les solutions qui leur permettront de redynamiser et réharmoniser la vie de leurs villes et villages. Nous pourrons peut-être même concevoir sous peu une sorte de réorganisation citoyenne véhiculant des valeurs plus humaines, et sur ces mêmes valeurs renouveler nos organisations sociales, politiques et économiques.

Mais hélas, nous n’avons pas 10 ans pour se préparer et réagir. Il nous faut, dès maintenant commencer à créer collectivement quelque chose, un projet rassembleur capable de dissoudre nos peurs ennemies tout en canalisant nos énergies positivement dans un projet coopératif comme le Réseau Humanité, comme une grande coopérative qu’il nous faut concevoir et constituer, un lieu qui nous appartient tous et qui nous invite à travailler ensemble, chacun dans son milieu de vie de tous les jours.

Nous pouvons y voir une occasion unique de changer ce qui ne fonctionne plus. Alors pourquoi ne pas essayer d’inventer autre chose, ensemble, en promulguant comme loi universelle cette notion encore trop abstraite qui affirme et place l'être humain avant tout?

Voici donc le texte original que nous avions écrit il y a plusieurs mois, le raisonnement qui décrit finalement pourquoi le Réseau Humanité se doit d'exister et de progresser :

Pourquoi tout ça?

Nous pourrions donner plusieurs réponses à cette question, mais en bref nous dirons d’abord qu’une communauté bien organisée demeure selon nous la meilleure assise, la meilleure police d'assurance contre les problèmes inhérents aux périodes transitoires comme la nôtre, le meilleur remède contre la morosité qui pourrait alors devenir contagieuse, ou tout autre infortune collective difficilement surmontable lorsque l'on est isolé et seul.

Mais où est le problème direz-vous?

En réalité, le véritable problème aujourd'hui n’est pas d’ordre climatique comme tout le monde semble le croire. La crise climatique n'est que la conséquence d'un problème beaucoup plus structurel qui remet en cause notre système économique, un système économique mondial fondé sur une hypothétique croissance infinie, sans mécanisme de contrôle, alors que le milieu dans lequel il évolue fait partie d'un ensemble fini.

Malheureusement pour nous, et c'est mathématique, parce que cette même croissance à tout prix de nos économies dépend essentiellement de la croissance de la consommation planétaire, et parce que le rythme et la manière dont nous consommons ne sont contrôlés par aucun dispositif de surveillance de la pollution engendrée, sans aucune stratégie nationale ni internationale réellement efficace de sauvegarde de l'environnement humain et des espèces vivantes, il a été démontré hors de tout doute qu'il nous faudra, à titre d'exemple, l'espace et les ressources d'une autre planète d'ici 50 ans à peine pour suffire à la demande. Nous marchons aveuglément vers un horrible précipice en croyant ne pas pouvoir y faire grand-chose, individuellement à tout le moins.

De telles informations, abondantes et solidement documentées maintenant, prouvées scientifiquement, nous pousseraient normalement à changer radicalement notre manière de consommer, notre manière de vivre. Malheureusement pour nous encore une fois, et tout le monde en conviendra, de tels changements dans nos habitudes de vie nous semblent impossibles. Les trente dernières années nous ont démontré que nous en sommes pratiquement incapables. Tout va beaucoup plus vite que notre capacité à réagir. Notre cerveau reptilien (striatum) aime à croire que tout ne va pas si mal, et tout le tissu social et médiatique est organisé pour nous hypnotiser en ce sens.

Dans les choix et les possibilités qui nous sont offerts, nous pouvons donc continuer de balayer sous le tapis les avertissements qui nous sont adressés depuis toutes ces années, et attendre d’être forcés à intervenir, débordés par une combinaison de problématiques politico-climato-socio-économiques toujours plus complexes, toujours plus impossibles à résoudre au fur et à mesure que la charge financière s'alourdit.

Nous pourrions en revanche commencer tout de suite à travailler à changer nos comportements graduellement, collectivement, de manière à pouvoir se préparer peu à peu à ce qui vient sur nous comme une promesse présidentielle. Nous avons 10 ans, 15 ans, peut-être même 20 ans devant nous. Pendant ce temps on peut faire beaucoup, dont inventer autre chose, ensemble. Rien n'empêche!

Et il est là l'objectif stratégique du Réseau Humanité: oser une expérience citoyenne capable de revigorer la base sociologique de notre humanité locale.

Par la coopération entre les communautés du Réseau et les informations qui y circulent, les citoyens et citoyennes seront amenés à partager leurs idées, à réfléchir aux gestes, aux actions pouvant être mises en oeuvre concrètement et ce, directement dans leur ville ou village, leur milieu de vie de tous les jours.

Nous nous devons d'ouvrir des pistes de solution alternatives capables de réagir intelligemment à cette grande Mécanique toxique dans laquelle les gouvernances et les élus sont aujourd'hui coincés.

Pour consoler les sceptiques, même si aucun de ces malheurs partout pressentis ne se concrétisait, nous ne serons jamais perdants à travailler ensemble à une meilleure organisation citoyenne, à développer nos économies locales, à s'imaginer une meilleure qualité de vie, un mode de vie moins exigeant, idéalement plus sain.

"La raison n'a jamais créé de révolution. C'est l'âme des peuples qui les a toutes engendrées, chaque fois qu'elle fut menacée, comme elle l'est aujourd'hui."

En fait, le Réseau Humanité tel que présenté maintenant n'est que le nouveau chapitre d'une aventure débutée il y a plus de 30 ans. Pour ceux et celles que cela intéresse, nous en avons publié l'histoire. Elle est disponible en format ebook et papier. En cliquant l'image ci-dessus vous accéderez au format E-book gratuit. Vous pourrez également y acheter le livre papier. Les bénéfices seront utilisés au financement du site.

Bienvenue à tous!